
Des chiffres qui alertent… et qui pèsent sur la sécurité
L’OICN a analysé les usages numériques de 17 000 personnes. Chaque semaine, un collaborateur traite en moyenne 157 courriels (≈ 3 h 22), un manager 243 (≈ 7 h 06) et un dirigeant 390 (≈ 11 h 24) : pour un patron, c’est presque une journée absorbée par la messagerie. Les dirigeants passent en outre 36 h 20 en réunion, ne gardant que 24 % de leur temps pour produire en concentration, tandis que 27 % de leurs courriels sont envoyés… pendant ces réunions. Conséquence : micro-interruptions, erreurs d’attention, arbitrages hâtifs et « travail empêché » qui fragilisent la qualité et la sécurité des opérations.
Hyperconnexion : quand le repos s’effrite
La frontière vie pro/vie perso s’érode : 46 % des week-ends des dirigeants restent connectés ; un manager typique se reconnecte entre 50 et 150 soirs par an ; 9 % des collaborateurs écrivent le soir et 4 % le week-end. Pire : 13 % expédient plus d’un tiers de leurs réponses en moins de cinq minutes, signe d’hyperréactivité chronique. Ces rythmes installent fatigue cognitive, stress et tensions musculo-squelettiques liés à l’écran (TMS), autant de facteurs de risque pour la santé et la sécurité. Le mimétisme managérial entretient ces dérives : si l’e-mail part à 23 h, l’équipe suit.
Prévenir, c’est protéger : 8 mesures simples et efficaces
- Charte des canaux : clarifier « qui répond à quoi, quand et où » (e-mail asynchrone avec délai, tchat pour l’instantané, téléphone pour l’urgence). Proscrire les doublons.
- Maîtriser l’urgence : l’urgence doit rester l’exception. Indiquer clairement « URGENCE avant 15 h » lorsqu’elle est réelle.
- Plages de concentration : bloquer 2 × 90 min/jour en « ne pas déranger », visibles au calendrier ; couper notifications et messageries.
- Réunions sous contrôle : objectif explicite, ordre du jour, 45–60 min, participants limités ; droit de refus si non nécessaire.
- Contrat d’attention : pas d’écrans en réunion ; prévoir des pauses pour consultation lors des formats longs.
- Rituels de fin de journée : dernier check à heure fixe, puis mode « ne pas déranger ». Afficher sa politique de réponse en signature.
- Mieux cibler les e-mails : distinguer « pour action » / « pour info », éviter « répondre à tous » et les listes massives.
- Exemplarité managériale : pas de messages nocturnes/dominicaux, objectifs clairs, réunions plus courtes, et encouragement aux congés numériques réels.
Bonne nouvelle : l’infobésité n’est pas une fatalité. Les tendances observées par l’OICN (baisse des envois hors horaires, meilleurs réflexes de tri) prouvent que le changement est possible. En combinant règles simples, droit à la déconnexion et exemplarité des dirigeants, le numérique redevient un levier d’efficacité — pas un bruit de fond. Pour aller plus loin, téléchargez le Référentiel 2025 de l’OICN et lancez, dès cette semaine, un test sur une équipe pilote : des résultats concrets apparaissent rapidement, sur la santé comme sur la qualité.
Auteur : Inforisque.Sur le sujet : 10 idées simples pour en finir avec l’infobésité en entreprise Vo.
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